Mobilisation contre les politiques d’austérité

L’ACEF Lanaudière se joint au mouvement de contestation que suscitent les politiques néolibérales de nos gouvernements et invite la population à résister, à dénoncer haut et fort ces politiques et à se mobiliser pour exiger l’adoption et la mise en place de politiques et de mesures plus équitables.

En ce 1er mai, les citoyens se mobilisent pour s’opposer à l’avancée de plus en plus rapide du rouleau compresseur idéologique aux commandes duquel se sont mis nos gouvernements, bien déterminés à réduire la taille de l’État, au prix des protections que nous offre le filet social que nous avons tissé au fil des générations, et au mépris d’un partage équitable des richesses.

Soyons clairs. Qu’on le nomme austérité, rigueur budgétaire ou saine gestion des finances, le processus auquel s’appliquent nos gouvernements est en réalité un exercice de destruction: on bafoue la démocratie, les consensus et les acquis sociaux, les droits collectifs, les moyens d’action des organismes communautaires et citoyens.

On tente de nous endormir à coups de démagogie, de phrases lapidaires et de novlangue. C’est le règne des formules-chocs et des contre-vérités. La fin justifie les moyens – et la finalité en question, c’est l’application d’un dogme: il faut moins d’État, parce que le libre marché représente la solution finale pour le développement, pour la création de la richesse collective, pour la sacro-sainte croissance…

De plus en plus de voix, incluant celles du Fonds monétaire international et du Forum économique mondial de Davos (des organismes qu’on pourra difficilement associer à quelque tendance gauchisante), se font entendre pour dénoncer les mesures d’austérité, leur inefficacité, et les inégalités économiques et sociales qu’elles entraînent. L’OCDE rappelle de son côté que, depuis l’application de ce type de politique, l’écart se creuse entre les riches et les pauvres et que les inégalités sont plus prononcées au Canada que dans la moyenne des pays de l’OCDE. Pourtant, nos dirigeants tentent de nous convaincre et répètent sur toutes les tribunes que la taille de l’État, dont l’un des rôles premiers est de veiller à la redistribution équitable de la richesse, doit diminuer.

Les gouvernements, depuis plusieurs années, se privent volontairement de revenus. Multipliant les efforts pour convaincre les citoyens qu’ils paient trop d’impôts (comme si on pouvait critiquer le prix du panier d’épicerie en faisant abstraction de son contenu), ils agissent comme des princes, jetant quelques miettes au petit peuple, refusant toutefois de veiller à assurer des ressources de base suffisantes pour permettre à tous d’atteindre et de maintenir un niveau de vie décent. Les entreprises et les mieux nantis, de leur côté, se voient offrir la grosse part du gâteau: diminution draconienne des impôts, libéralisation des avantages et des privilèges. Et nos gouvernements, pour faciliter le libre marché, s’attaquent frontalement, sans aucune gêne, aux mesures de protection des travailleurs, à la marge de manœuvre des syndicats, etc.

L’État, s’appuyant sur des mantras économiques dont les faits démontrent depuis plus de 30 ans l’irréalisme, se prive volontairement de revenus, puis, tout étonné et fort inquiet, il annonce que nous n’avons plus les moyens. Plus les moyens de maintenir notre social-démocratie. Plus les moyens de nous payer les programmes sociaux que nous avions choisis collectivement, ces programmes que nos dirigeants qualifient effrontément de « vaches sacrées », comme si nos choix de société n’étaient que des caprices, des choix basés sur des croyances plus ou moins frivoles.

Nos gouvernements soulignent à gros traits leur générosité: ils consentent quelques dollars en cadeau aux ménages de la classe moyenne –les plus pauvres, bien entendu, n’obtiennent rien de plus – puis, cyniquement, ils les disent plus riches. Tant mieux ! Ces ménages auront ainsi plus d’argent pour payer les taxes et les tarifs qui, aussi régressifs soient-ils, représentent les modes de financement privilégiés par nos gouvernements, qu’ils augmentent sans vergogne. Plus d’argent aussi pour payer individuellement les services, de plus en plus privatisés, que nous avions pourtant convenu, par consensus social, de financer collectivement, par la voie d’impôts progressifs.

Voilà les « choix » que décident de nous imposer aujourd’hui nos gouvernements, sans le dire ouvertement: qu’on utilise les termes d’austérité, ou, pour rassurer et endormir, de rigueur, alors que ce dont il s’agit, c’est de foncer toujours plus avant sur la voie de la déréglementation des marchés et des capitaux, de la privatisation des services publics, du désengagement de l’État.

Voilà ce à quoi nous nous opposons. Voilà ce pour quoi nous croyons qu’une mobilisation et une levée de boucliers sont essentielles. Voilà pourquoi nous croyons qu’il faut résister et riposter. Afin que des politiques économiques, sociales et fiscales plus équitables soient adoptées et appliquées. Afin que les citoyens soient consultés honnêtement, plutôt que de se voir forcés d’accepter, à coup d’intimidation et sous des prétextes fallacieux, des mesures qui les désavantageront et qui s’attaquent de façon irréversible à nos acquis sociaux.

Les mesures néolibérales ne sont pas une fatalité. 85 organisations syndicales, féministes, communautaires, étudiantes et populaires se sont regroupées pour soumettre 18 solutions fiscales qui permettraient de refinancer l’État de manière équitable en récoltant 10 milliards $ SANS recourir à la tarification ni à la privatisation! http://nonauxhausses.org/outils/alternatives-fiscales-justes-et-equitables-pour-les-finances-publiques/.

Exigeons l’équité. Exigeons la démocratie. Il s’agit de droits fondamentaux. Et, puisqu’il le faut, crions bien haut pour nous assurer qu’ils nous sont toujours assurés.

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